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Comment répondre aux nouvelles attentes du marché ?

Présenté par la ministre du Travail au printemps, le projet de réforme de la formation professionnelle fait grand bruit. Parmi les conséquences qu'amènera cette nouvelle loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », les organismes de formation devront fonder de nouvelles offres pédagogiques pour rester attractifs. Explications.

Le 6 avril dernier, Muriel Penicaud présentait dans le détail ce que prévoit la future loi sur « l'avenir professionnel ». Le texte visant à réformer la formation, l'apprentissage et l'assurance chômage sera présenté en Conseil des ministres le 27 avril. Concernant la formation, le projet du gouvernement est de simplifier l'offre pour une meilleure lisibilité (1). Les principales mesures annoncées sont le passage à un compte personnel de formation alimenté en euros et non plus en heures, la création d'une agence de régulation de la formation professionnelle et de l'alternance, nommée « France Compétences », et un nouveau mode de financement. Le compte personnel de formation (CPF) sera crédité de 500 euros par an, avec un plafond à 5000 euros, ou de 800 euros par an avec un plafond à 8000 euros pour les personnes peu qualifiées. Les organismes paritaires collecteurs agréés sont aussi voués à être remplacés par des « opérateurs de compétences ». Mais une mesure qui peut sembler anodine sera aussi lourde de conséquences pour la formation : l'inscription, le paiement et la notation des formations s'effectueront sur une plateforme en ligne, directement par le salarié (2).

La clé de la réussite : se moderniser

L'accès direct à l'achat de formations induit un profond changement pour les organismes. Pour répondre aux besoins des salariés rendus plus autonomes, les offres doivent devenir plus claires et individualisées. Les formations ne se comptant plus en heures, il est important pour les organismes d'en justifier les coûts en proposant par exemple des cursus professionnalisants et reconnus, qui peuvent délivrer une certification. D'où un glissement probable vers des cours en modules ou au forfait. Certains anticipent déjà ces changements et proposent un accès aux formations via des applications, pour laisser aux utilisateurs formés une plus grande liberté d'action dans leur apprentissage et une boîte à outils personnalisée et accessible (2). De plus, chaque formation sera notée par les apprenants, formant un système de score pour les organismes. Le classement sera déterminant pour la visibilité des apprentissages. France Compétences sera en charge de réguler les tarifs et la qualité des formations, avec une évolution possible vers un système de certification unique destiné à filtrer les offres de formations. Les organismes de formation doivent dès à présent réfléchir à leurs futures offres, afin de s'adapter aux contraintes de la réforme, pour proposer un apprentissage plus clair, plus personnalisé et plus exigeant.

Les attentes des salariés

Pour les organismes de formation, s'adapter et se moderniser veut dire répondre plus efficacement aux attentes en besoin d'apprentissage. Selon le baromètre CEGOS 2017 (3), l'ensemble des salariés se sent concerné par la formation professionnelle tout au long de sa carrière, mais l'envie d'un renouvellement dans la manière d'être formé se fait ressentir. Les modes de formation les plus appréciés et les mieux notés aujourd'hui sont les formations individuelles, ainsi que les formations en blended learning (qui associent le présentiel aux cours numériques). Les solutions numériques sont de ce fait très prisées, car elles mêlent un suivi personnalisé et accessible, tout en complétant les cours en présentiel avec de nombreuses ressources. Interrogés sur la digitalisation de la formation, les salariés recherchent en priorité à remplacer les supports papier par des supports disponibles en ligne, à utiliser des équipements numériques et/ou des applications en ligne pendant les formations en salle et à accéder à des ressources pédagogiques supplémentaires sur une plateforme en ligne. Les organismes de formation doivent donc poursuivre leurs efforts vers une offre mixte, toujours plus personnalisée, pour se mettre en avant dans un secteur qui tend à devenir de plus en plus concurrentiel.

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